Six étapes, une heure de travail, et la liste des postes qui manquent presque toujours.
Deux devis de maçonnerie, deux montants, un écart de 18 000 €. La bonne question n'est pas « lequel est le moins cher ». C'est « qu'est-ce que le moins cher n'a pas chiffré ».
La maçonnerie est le lot où les écarts de périmètre sont les plus violents, parce que c'est celui qui touche au plus de choses : la terre, l'eau, les réseaux, la structure, et tout ce que les autres lots viendront poser dessus.
Voici la méthode que j'applique, dans cet ordre. Comptez une heure pour deux devis. C'est peu au regard de ce qui se joue.
Avant tout calcul, faites deux colonnes et listez ligne par ligne ce que chaque devis contient. Pas les prix. Le contenu.
Vous allez très vite voir apparaître des lignes présentes d'un côté et absentes de l'autre. C'est là qu'est votre écart, dans la majorité des cas. Pas dans les prix unitaires.
Passez cette liste sur les deux devis. Un poste absent des deux n'est pas rassurant : ça veut dire que personne ne l'a prévu, et que vous le paierez en avenant.
Prenez trois postes, les trois plus gros en montant, et recomptez-les vous-même sur les plans. Mètres linéaires de fondation, mètres carrés de mur, mètres cubes de béton.
Vous n'avez pas besoin d'être exact. Vous avez besoin de détecter un écart de 20 %. Une quantité sous-évaluée sur un devis n'est pas toujours une erreur : c'est parfois une façon d'être le moins-disant en sachant que le complément se facturera en cours de route.
Si vous avez sous les yeux deux devis de structures différentes, vous avez déjà perdu. Envoyez aux deux entreprises le même tableau à remplir, avec vos quantités, et demandez-leur de ne remplir que les prix. C'est ce qu'on appelle un DPGF, et ça change complètement la nature de la comparaison.
Une fois les périmètres alignés, comparez poste à poste.
Vous trouverez rarement une entreprise moins chère partout. Vous trouverez des spécialités : l'une est bien placée sur le béton armé, l'autre sur l'agglo. C'est normal, ça dépend de leur matériel, de leurs équipes et de leur carnet de commandes.
Un prix unitaire très en dessous du marché sur un poste isolé mérite une question, pas une réjouissance. Soit l'entreprise a mal lu, et elle s'en apercevra sur le chantier. Soit elle a compris autre chose que vous.
La partie que personne ne lit, et où se cache l'essentiel.
L'attestation d'assurance décennale doit être jointe au devis. Vérifiez ses dates et surtout les activités qu'elle couvre. Une décennale « maçonnerie » ne couvre pas une charpente, même posée par le même maçon.
Regardez aussi l'ancienneté de la société et sa situation, consultables gratuitement sur les annuaires publics d'entreprises. Une société de six mois sur un lot gros œuvre à 90 000 €, ce n'est pas rédhibitoire, mais ça se sait avant de signer, pas après.
Pas le moins cher. Pas le plus cher non plus.
Celui dont le devis est le plus détaillé. Une entreprise qui prend le temps d'écrire ses quantités, ses hypothèses et ses exclusions est une entreprise qui a lu les plans et pensé son chantier. C'est le meilleur indicateur dont vous disposez avant de la voir travailler, et de loin le plus fiable.
À l'inverse, un devis d'une page pour 90 000 € vous dit quelque chose sur la façon dont cette entreprise prépare ses chantiers. Écoutez-le.
Huit documents que j'utilise sur mes propres chantiers : trame de DPGF, modèle de marché de travaux, comparatif d'offres, PV de réception, et le reste. Au format Word et Excel, modifiables.
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